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Presse Espaces qui Parlent 2011

LILLE / INITIATIVE

« Unique ! Wazemmes, c'est Wazemmes... »

Publié le lundi 24 janvier 2011 à 06h00

Pauline, sociologue, mène des entretiens, et pose un regard neuf sur le quartier de Wazemmes. Post-it®, marqueurs, panneaux sont les outils de travail de l'équipe dans le local de la rue Jules Guesde.

Le rideau poussiéreux du Club des Ambassadeurs a laissé place à des affiches colorées dans la vitrine du local rue Jules-Guesde. Le projet « Habiter Wazemmes » mené par des sociologues et designers permet aux habitants de s'exprimer sur leur quartier, leur quotidien.

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Wazemmes en trois mots. « Vivant - cosmopolite - pratique », pour l'un. « Convivial - attractif - sympathique », pour l'autre. Pas facile de décrire son quartier brièvement. D'ailleurs, celui-là n'a pas pu : « Unique ! Wazemmes, c'est Wazemmes... » Comme s'il fallait le vivre pour le comprendre, comme si les mots n'étaient pas assez riches pour le décrire. C'est pourtant ce que cherche à faire cette équipe installée depuis quelques jours rue Jules-Guesde dans le local des Ambassadeurs.
« Nous sommes arrivés par le biais de la Ville et du réseau Asso Métro, qui organise les Fenêtres qui parlent », explique Pauline Scherer. Sociologue, elle est originaire de Montpellier et, en découvrant Wazemmes, elle donne raison à ceux qui en parlent le mieux, ses habitants : « Il n'y a pas l'équivalent à Montpellier. Wazemmes, c'est comme la réduction d'une grosse ville. C'est un super terreau pour aller plus loin. »

Partir de l'expression
Parce que trois mots ne suffisent pas. L'équipe en place, qui dépend de la 27e région (lire ci-contre), s'interroge sur ce qu'est « Habiter Wazemmes ». Pour cela, ils posent un regard neuf - ils viennent de Paris, Bruxelles... - sur le quartier et invitent associations et habitants à s'exprimer.
« On insiste sur la participation, on part de l'expression des gens, de leurs besoins, de leurs attentes. Et on amène nos capacités de mise en image, en forme, l'aspect méthodologique, on travaille pas à pas vers quelque chose de plus cohérent et formalisé », explique l'un des designers présents.
Concrètement, l'objectif est donc de recueillir la parole des habitants pendant cette semaine. L'équipe reviendra en février pour être plus dans l'action, et une semaine en mars pour un temps de restitution. Ou comment donner des pistes sur l'espace public, son appropriation, sur un quartier et ses problématiques. « Ce qu'ils font m'intéresse beaucoup, confirme Catherine Cullen, adjointe au maire. Je vais me rapprocher d'eux car leur travail correspond à ce qu'on fait pour l'Agenda 21 de la culture. » Bref, il pourrait y avoir un lien avec la Ville, un autre regard sur le quartier. Jeudi soir, le local de la rue Jules-Guesde accueillait ceux qui le souhaitaient pour échanger sur cet « Habiter Wazemmes ». Bruno, lui, travaille ici et vit dans le Vieux-Lille, pour lui, Wazemmes « est un petit quartier sympa ». Il remarque surtout sur les panneaux relatant les entretiens que la maison Folie de Wazemmes n'est pas fréquentée par les habitants.

« Ça parle toutes les langues »
Il souligne aussi la richesse des associations, au nombre de 250. Philippe et Patrick, résidents de l'association Magdala parlent du « mélange ethnique », du côté « vivant », qui a aussi ses inconvénients : la saleté des rues, des trottoirs. Et puis, sur les murs sont affichées des phrases issues des rencontres : « Wazemmes, c'est bruyant, mais c'est pour ça que c'est vivant. » « L'espace s'exprime de lui-même, Wazemmes, ça parle toutes les langues. » « C'est paradoxal, résume Pauline. Il y a la mixité des commerces, le côté pratique de Wazemmes, on entend beaucoup de positif. Mais les gens parlent aussi de la misère économique, sociale, éducative. Wazemmes, c'est une mini ville. » Avec ses atouts et ses points noirs.
En pleine rue Jules-Guesde qui concentre un certain nombre de problèmes, elle et ses collègues sont aux premières loges pour observer. Pour dialoguer, surtout, avec, par exemple, ce jeune homme qui passe la porte spontanément, propose son aide.
Arrivée par hasard à Wazemmes, l'équipe aura certainement beaucoup de choses à dire en repartant. De la fête de la soupe au marché, des cafés populaires aux commerces de proximité, des bobos qui s'y installent aux habitants présents de génération en génération. Sur un des panneaux, on peut lire l'avis d'une jeune femme du quartier : « Je ne rentre pas chez moi quand je passe le pas de ma porte, je suis chez moi quand j'arrive à Wazemmes. » 


   « Un arbre dans la ville », place Lisfranc Marcq en Baroeul 19.03.2011, 05:18 - La Voix du Nord

     Une expérimentation au Croisé-Laroche représente le premier temps fort de la partie marcquoise de la manifestation « Les fenêtres qui parlent  » pour laquelle le collectif Réso asso métro (RAM) est à la coordination dans douze villes de la métropole.L'association GB9, présidée par Philippe Valains et Christiane Demoustier, a choisi le thème de « l'arbre dans la ville » pour organiser et proposer des animations centrées autour d'un carrefour majeur du Grand Boulevard. Rendez-vous sur la place Lisfranc pour découvrir ou redécouvrir cet espace, aujourd'hui samedi à 14 h. Devenu un espace qui parle.... mais chut : surprise ! Aux fenêtres des alentours, s'exposent des oeuvres d'artistes. Quelques exemples : Maryse Sobczak, photographe, aime tourner autour des arbres, elle propose sa vision capturée par l'objectif. Gilles Peze, puise, dans ce majestueux végétal, les matériaux utiles à ses réalisations, des cadres aux allures de moucharabieh.La manifestation se déroule jusqu'au 10 avril et, pour coller totalement à son objectif d'amener les habitants à prendre des initiatives, « les volontaires pour une participation, même ponctuelle, sont les bienvenus, qu'ils soient habitants, artistes »lance avec enthousiasme Nathalie Menet, sollicitée par GB9 pour conduire l'expérimentation. C. L. 


LILLE / WAZEMMES

Quand les habitants d'un quartier essaient de faire bouger les choses

Au local des Ambassadeurs de Wazemmes, rue Jules-Guesde, des ateliers d'idées ont été organisés en février.

Installée rue Jules-Guesde, la 27e Région poursuit son travail autour de la notion « Habiter Wazemmes ». Une résidence en lien avec l'association des Art'Zémois pour faire bouger le quartier.
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C'est un quartier que certains qualifieront de « vivant » ou de « coloré » , et auquel d'autres reprocheront le trop plein. De gens, de bruit, d'animation. Ou le pas assez. De tranquillité, de propreté, de sécurité. Et puis, il y a aussi ceux qui refusent de continuer de pester contre Wazemmes et qui préfèrent essayer de faire bouger les choses. Comme Véronique Plane, des Art'Zémois : « Arrêtons de râler chacun dans son coin, faisons », lance-t-elle.
Alors cette association - qui fait partie du Réso Asso Métro (qui organise entre autres les Fenêtres qui parlent) - a contacté la 27e Région, une agence d'innovation publique qui est venue en résidence dans le quartier (notre édition du 24 janvier). Une première semaine en janvier, pour rencontrer les habitants du quartier, appréhender Wazemmes, une deuxième en février pour commencer à concrétiser le projet, et une dernière en mars pour tester sur le terrain des pistes.
« C'est là qu'on veut être heureux »
« On entend sans cesse que Wazemmes est un quartier bobo, déplore Véronique Plane, mais on est face à une paupérisation, il n'y pas de lieu de repos, ce n'est pas ici qu'on trouve la tranquillité, et les gens s'en vont. » L'association s'est dit que pour que les choses évoluent, il fallait qu'elle soit aidée. D'où l'intervention de la 27e Région. « Il savent faire car ils sont designers. À Wazemmes, on a de vrais problèmes concrets qui concernent les espaces communs. Notre quartier, c'est là qu'on passe 90 % de notre vie, c'est là qu'on veut être heureux. » Pauline Scherer, sociologue, s'interroge : « Comment faire en sorte que les habitants s'approprient au quotidien l'espace public, que cela concerne un maximum de gens, mais avec une contribution légère des personnes ? » Et si ce n'est pas la 27e Région qui transformera profondément le quartier, elle est là pour donner des pistes, des méthodes, transmettre des idées aux élus, aux associations, aux habitants, créer du lien entre eux.
Trois pistes ont été retenues pour le moment. L'idée de partager l'espace public d'abord ou comment exploiter des parcelles inutilisées pour faire, pourquoi pas, une terrasse collective, une séance de lecture publique, un banquet, ou encore une « rue du tango ». La deuxième semaine de résidence a d'ailleurs été l'occasion de tester sur le terrain ces idées. Autre piste, celle des déambulations dans Wazemmes, des balades dans le quartier selon des trajets habituels d'habitants. Il pourrait y avoir une bande-son pour guider les curieux de rues en placettes, de commerçants en lieux culturels.
Enfin, la 27e Région propose de réfléchir à la mise en place d'un média de rue. Un crieur public ? Des informations prises sur le vif et diffusées sur des écrans ? En mars, la résidence touchera à sa fin avec l'espoir, pour les Art'Zémois que la venue de l'agence permette d'entamer un véritable travail dans le quartier. « Il faut avoir le courage de s'y mettre, conclut Véronique Plane. Il ne faut pas attendre les grands plans bleus ou verts de la mairie ! Il y a des choses à améliorer. ».



16ème édition

Affiche 2017